Citizen Kane
Encore un vieux en film en noir et blanc ? Et bien oui… mais quel film !

C’est le premier film que j’ai vu de lui. Il est en noir et blanc et assez vieux. Le son craquèle et l’image saute, même sur un DVD. Voilà, donc là j’ai dit tous les reproches qu’on pourrait éventuellement lui faire. Mais sinon, il est grandiose. L’histoire : Charles Foster Kane, un magnat de la presse vient de décéder et un journaliste enquête sur sa vie pour comprendre le sens de ses derniers mots, “Rosebud”… On va alors découvrir tout ce qui se trame derrière cet être complexe. Je sais pas comment je vais écrire l’article sans faire de spoiler… arf…
Charles Foster Kane toute sa vie a été hanté par ses volontés. Forte tête il s’est engagé dans la politique, le journalisme etc. Mais sa vie finit par tomber en ruine après ses échecs, ses deux divorces, sa profonde solitude, construite sur les bases de son égocentrisme … Voilà, pas de spoil.
Le film est bien mis en scène, la scène d’intro est géniale, on traverse une sorte d’univers de bric et de broc, un grand chateau en forme de parc d’attraction désaffecté, dans les brumes… puis soudain, un homme s’effondre et dit “Rosebud”… L’histoire est lancée… s’en suit un long reportage sur lui à la télévision en forme de ces vieilles news noir et blanc façon ORTF… l’équipe de journalistes qui en est responsable cherche donc à en savoir plus sur cette Rosebud. Au travers de rencontres avec les gens de son passé, nous allons découvrir qui était Charles Foster Kane.
Confié par ses pauvres parents à un puissant homme d’affaires, il vit apparemment sa jeunesse en n’en faisant qu’à sa tête et refuse de reprendre le flambeau de son père adoptif, à part un petit journal qu’il parvient rapidement à développer en diffusant de fausses informations, des informations déformées… on est en plein dans l’actualité là :p mais bon, l’aspect politique en moins…
Il se marie deux fois, et très vite on voit (magnifiquement filmé) comment son couple s’étiole, il finit d’ailleurs par avoir une présumée aventure qui met un terme à ses ambitions… s’en suit un divorce… (c’est encore d’actualité ce genre de choses… sauf le divorce, ça risquerait de faire tâche sur le CV des deux parties) Il se marie alors avec sa maîtresse.
Il lui offre alors un opéra (un bâtiment quoi) pour qu’elle puisse vivre son hobby : le chant lyrique. Mais elle est catastrophiquement encore plus nulle que moi en chant et les critiques la descendent.
Dans une scène mémorable Kane la critique férocement lui-même en écrivant un article en lieu et place de son meilleur ami. On ne sait pas ce que Kane pensait réellement des qualités de cantatrice de sa femme puisqu’il n’a fait que reprendre le ton adopté par son ami. Ce qui montre une fois de plus comment Kane est finalement qu’une coquille vide qui cherche à se remplir et à vivre à travers les autres, jusqu’à l’excès … en effet sa femme devient l’ombre d’elle-même à force d’être contreinte à se donner en spectacle devant un public qui la déteste et la rejette. Elle finit par n’être plus que l’ombre d’elle-même.
Autre exemple, Kane se construit une retraite de 50 hectares et y convie des gens pour s’y sentir moins seul, peine perdu, tous le quittent, y compris sa femme … il y finira sa vie, seul. L’impression de solitude est magnifiquement rendue par l’immensité des décors, le Chateau de Xanadu par exemple : la moindre des pièces engloberai 10 fois mon appart’ et elle fait au moins une dizaine de mètres de haut, les cheminées sont si grandes que Kane peut y entrer sansse baisser et que sa femme s’y allonge sans problème (quand il n’y a pas de feu bien sûr). Le gigantisme des décors est hallucinant, notamment la scène finale d’inventaire de toutes les richesses de Kane, les statues emplissent des hangars et des hangars… (oui il collectionnait les statues).
Les éclairages aussi sont à souligner, ils contrastent merveilleusement les scènes, des personnages entrent et sortent de l’ombre et pour la première fois devant un film, je me suis aperçu de l’importance de l’éclairage, surtout à cause du format (noir et blanc) ça se remarque immédiatement et le code graphique prend tout son sens, un peu à la façon des mangas, Kane parle dans l’ombre alors que ceux qui l’écoutent son dans la lumière, et on comprend alors comment l’homme s’enfonce progressivement dans sa solitude, c’est vraiment très habile.

Bref, allez voir ce film ! (enfin, matez-le en DVD quoi …)
P.S. Pour info, c’est Orson Welles qui joue Kane
Category: Articles en français, Cinema | Leave a comment





